Alice MILLIAT

Alice Milliat (1884-1957) dont le nom est aujourd’hui gravé sur le fronton d’un gymnase du 14ème arrondissement de Paris est l’une des figures mal connues de l’histoire du sport en France. Nageuse, hockeyeuse, rameuse, elle a été au début du XXe siècle l’apôtre du sport « pour et par » les femmes.

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Elle fut notamment fondatrice de la Fédération des sociétés féminines sportives de France (1917) et présidente de Fémina-Sport (premier club sportif féminin français, fondé en 1917). L’activité d’Alice Milliat pour la promotion et la reconnaissance de la pratique sportive féminine s’étend dans le monde entier puisqu’elle oeuvra également dans l’organisation de quatre olympiades pendant l’entre-deux-guerres et dans la création de la Fédération sportive féminine internationale.

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Près de 100 ans plus tard, elle est toujours considérée comme l’une des principales forces inspiratrices du développement du sport féminin qui apparu durant la Première Guerre mondiale. A l’occasion de la journée internationale du droit des femmes, le Musée National du Sport (qui a attribué son nom à l’un de ses espaces pédagogiques) souhaitait lui rendre hommage.

« En 1917 des réunions sportives féminines inter usines ont eu lieu en France et en Angleterre. C’est la même année Qu’Alice Milliat, apôtre du sport féminin en France, fonde la Fédération féminine sportive de France, qui regroupe 3 sociétés.

Alice Milliat, infatigable propagandiste, a demandé, dès 1919, au comité olympique international d’inclure quelques épreuves féminines au programme des Jeux d’Anvers. elle s’est heurtée à l’opposition irréductible de plusieurs dirigeants et notamment à celle du baron de Coubertin, violemment opposé au sport féminin. Alice Milliat décide alors de créer un Comité qui institue pour 1921 les premiers jeux mondiaux féminins qui ont pour cadre Monté Carlo. faute de stade et de piste, les épreuves se déroulent sur le terrain du tir au pigeons avec des représentantes de 5 nations : Grande-Bretagne, Suisse, Italie, Norvège et France.

Ces premières compétitions officielles ne suffisent pas à Alice Milliat qui renouvelle l’expérience en 1922, toujours à Monte Carlo. 7 nations sont présentes avec près de 300 athlètes. C’est un triomphe pour la Grande-Bretagne qui remporte 12 des 15 épreuves figurant au programme.

Alice Milliat va plus loin encore : elle prend pour prétexte un nouveau refus de l’I.A.A.F. et du C.I.O. pour présenter les jeux féminins, dits olympiques, en août 1922 à Paris 5 formations y participent au stade Pershing en présence d’un très nombreux public.

L’élan est désormais donné. rien ne l’arrêtera : en 1926, à Göteborg, ont lieu les seconds jeux Olympiques féminins, officieux puisque le C.I.O. ne les reconnaît pas. 10 nations y prennent part. On y enregistre des résultats de qualité qui démontrent l’étendue des progrès.

Cette fois l’I.A.A.F. est contrainte d’admettre que l’athlétisme féminin est devenu une réalité. elle désigne une commission spéciale chargée de coopérer avec la Fédération d’Alice Milliat, laquelle continue de contrôler l’athlétisme féminin par délégation de la Fédération internationale.

C’est un premier pas vers la reconnaissance olympique qui s’accomplit en 1928 à Amsterdam : 21 nations délèguent une équipe féminine. L’Angleterre, qui s’oppose à la mainmise de l’I.A.A.F. et du C.I.O., s’abstient.

Le programme admis est très restreint : il ne comporte que 5 épreuves (100, 800, hauteur, disque et 4 x 100 m).

En dépit de cette admission, Alice Milliat ne s’estime pas satisfaite : elle considère que le programme est trop restrictif ; c’est la raison pour laquelle , en 1930 à Prague, elle met sur pied des championnats du monde qui connaissent un large succès. »

extrait de La fabuleuse histoire de l’athlétisme – Robert Parienté – Editions de la Martinière – 1996 –